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Talon. 419
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Maintenant qu'il eil dans l'âge de la cenfure, les gentillelTes qu'il avoit alors ne paroiffent que des niaiferies, et fés défauts que fés dix années excufoient ne font plus à nos yeux qu'une infuffifance de talent. Qu'il fe conferve à fés tréteaux tant qu'il pourra puif-qu'on daigne l'y fupporter, car en province il feroit infupportable. Ce n'eft pas en ricanant et en braillant qu'on joue la bonne comédie. Je lui confeille auffi de ne pas mener une vie aufiï débordée. Il femble que les gens attachés à ces fpectacles ne fe diflinguent que par là. » Et plus loin... « Ce n'eft plus cet enfant qui faifoit les délices du théâtre d'Audinot et qui fous le manteau d'abbé enchantoit par fa grâce et fon ingénuité. C'eft actuellement un libertin fans goût, fans délicateffe et qui réunit à la plus fale débauche tout ce que la fubtilité la plus raffinée peut inventer pour mettre en défaut la confiance et la bonne foi. Dans le tems où moins dérangé fon état l'occupoit davantage, Talon apprit une partie de fon emploi, mais depuis, convaincu de l'inutilité de fés travaux, il y renonça pour s'occuper à boire, courir les filles et fe réunir à la refpectable fociété des Vifage, Placide, Pol, etc., et n'a retiré pour fruit de l'étude férieufe qu'il avoit entreprife, qu'un bégaiement ridicule, des grimaces révoltantes et un jeu bas et emprunté. L'ivrognerie, ce vice fi fort en vénération chez ces meffieurs, étoit le feul qui lui manquoit ; mais ne voulant pas fe fingularifer, Talon fait actuellement comme les autres, il fe foule et vient offrir au public, qui fûrement a trop d'indulgence pour lui, une figure abattue par les veilles et la fatigue des plaifirs et un organe altéré par la débauche. » Talon est mort en 1826.
(Almanach forain, 1773, 1776. — J-e Chroniqueur désœuvré, I, 66 ; II, 74. — Brochures intitulées : Blaise le hargneux, Amsterdam ct Paris, Cailleau, 17S- ; les trois Léandre, Paris, Cailleau, 1786 ; Tout comme il vous plaira, Paris, Cailleau, 1795.)
L'an 1778, le mercredi 19 août, une heure et demie du matin, en l'hôtel et par-devant nous Mathieu Vanglenne, etc., eft comparu Antoine .Chavonnet, fergent de la garde de Paris, de pofte aux Enfans-Rouges : Lequel nous a. dit qu'il vient d'arrêter deux particuliers dont un acteur du fleur Nicolet, qui fe font plaints l'un et l'autre, d'avoir été maltraités et l'un d'avoir reçu
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